Un médecin peut exercer pendant 30 ou 40 ans dans le même cabinet.
Au fil des années, il développe une patientèle, constitue une équipe, organise ses locaux et construit une véritable présence médicale dans sa région.
Pourtant, comme beaucoup de chefs d’entreprise, certains médecins commencent à réfléchir à leur succession seulement quelques mois avant leur retraite.
Or, vendre ou transmettre un cabinet médical ne s’organise pas en quelques semaines.
Il faut trouver le bon successeur, préparer les conditions de la reprise et organiser une transition permettant de préserver autant que possible la continuité de l’activité.
Lorsqu’aucun repreneur n’a été identifié, le cabinet peut tout simplement fermer.
La patientèle doit alors rechercher d’autres médecins.
Dans une région où les praticiens sont déjà très sollicités, cette situation peut créer un effet domino : les cabinets voisins reçoivent davantage de demandes, leurs capacités se réduisent et certains finissent par ne plus accepter de nouveaux patients.
Une succession mal préparée peut ainsi contribuer à fragiliser progressivement l’accès aux soins de proximité.
Un cabinet qui aurait pu poursuivre son activité pendant plusieurs décennies disparaît alors faute de repreneur.
La situation française illustre de manière particulièrement visible les conséquences d’une offre médicale insuffisante dans certaines régions.
Mais la Suisse n’est pas totalement épargnée.
Certaines régions et certaines spécialités rencontrent également des difficultés de recrutement et de renouvellement des praticiens, notamment dans la médecine de premier recours et plusieurs disciplines particulièrement recherchées.
Dans ce contexte, préserver les structures médicales existantes devient particulièrement important.
Créer un nouveau cabinet nécessite du temps, des investissements et des autorisations. Transmettre correctement une structure existante peut permettre de préserver une offre médicale déjà implantée et connue des patients.
Idéalement, la réflexion devrait commencer plusieurs années avant la date prévue de cessation d’activité.
Cette anticipation permet de préparer le cabinet, identifier les candidats susceptibles de reprendre l’activité et organiser progressivement la transition.
Plus le médecin commence tôt, plus il conserve de possibilités.
Attendre les derniers mois peut au contraire créer une situation d’urgence dans laquelle le choix du successeur devient beaucoup plus limité.
Le principe est finalement le même que pour la transmission d’une entreprise : le meilleur moment pour préparer une succession n’est pas celui où le dirigeant ou le praticien est obligé de partir.
Une transmission nécessite d’analyser plusieurs éléments.
Il faut notamment étudier :
Les questions relatives aux patients et aux données médicales nécessitent évidemment une attention particulière et doivent respecter strictement les obligations légales, professionnelles et de confidentialité applicables.
Lorsqu’on parle de vente d’un cabinet médical, il serait réducteur de regarder uniquement la valeur du mobilier et des équipements.
Un cabinet possède également une implantation, une organisation, des collaborateurs, une réputation professionnelle et un environnement de travail construit au fil des années.
Les locaux peuvent eux-mêmes représenter un élément déterminant.
Un cabinet parfaitement situé, facilement accessible, proche des transports publics et déjà aménagé pour une activité médicale constitue un avantage considérable pour un jeune médecin souhaitant s’installer.
Pour un médecin souhaitant s’installer, la reprise d’un cabinet médical existant peut représenter une alternative intéressante à une création complète.
Créer un cabinet nécessite de trouver des locaux, les aménager, acquérir du matériel, constituer une équipe et mettre progressivement en place son organisation.
Une reprise peut permettre de bénéficier immédiatement d’une structure déjà opérationnelle.
Elle permet également d’assurer une continuité dans une région où une offre médicale existe déjà.
La reprise doit néanmoins être étudiée sérieusement, tant sur les aspects économiques que juridiques, réglementaires et professionnels.
Un cabinet médical possède une dimension différente de nombreuses autres activités.
Lorsqu’un commerce ferme, une offre économique disparaît.
Lorsqu’un cabinet médical ferme sans successeur, c’est parfois un service essentiel à la population qui disparaît.
Les conséquences peuvent concerner des centaines, voire des milliers de personnes.
C’est pourquoi anticiper la succession d’un médecin dépasse la simple problématique patrimoniale du praticien.
Il s’agit également de préserver une présence médicale locale, des emplois et une continuité des soins.
La lutte contre les déserts médicaux passe évidemment par la formation de nouveaux médecins et une meilleure répartition des professionnels de santé.
Mais elle peut aussi passer par quelque chose de beaucoup plus simple :
éviter que des cabinets parfaitement fonctionnels disparaissent faute d’avoir trouvé un successeur à temps.
Chaque cabinet transmis est une structure qui continue à fonctionner.
Chaque succession correctement préparée peut permettre à un nouveau médecin de s’installer dans de bonnes conditions.
Et chaque cabinet maintenu contribue à préserver l’offre médicale d’une région.
Depuis plus de 25 ans, REMICOM accompagne des entrepreneurs et professionnels dans la vente, la reprise et la transmission d’activités en Suisse, notamment dans le domaine de la santé.
Une transmission médicale possède évidemment ses particularités et nécessite de respecter les règles professionnelles et réglementaires propres au secteur.
Mais le principe reste le même : plus une transmission est préparée tôt, plus les possibilités de trouver le bon successeur sont importantes.
Un médecin qui envisage de cesser son activité dans quelques années ne devrait donc pas attendre les derniers mois pour réfléchir à l’avenir de son cabinet.
Transmettre un cabinet médical, ce n’est pas uniquement transmettre une activité.
C’est permettre à une présence médicale de continuer, maintenir des emplois et donner à un nouveau praticien la possibilité de poursuivre une histoire construite pendant parfois plusieurs décennies.
Un cabinet médical qui disparaît faute d’anticipation est parfois un service de proximité qui ne reviendra jamais.