Avant de rechercher un local, il faut définir précisément le type de commerce que vous souhaitez exploiter.
Quelle clientèle souhaitez-vous attirer ? Quels produits allez-vous vendre ? À quel niveau de prix ? Quel sera votre positionnement ? Pourquoi un consommateur viendra-t-il dans votre boutique plutôt que chez un concurrent ou sur internet ?
Ces questions doivent être posées avant de commencer les visites.
Un concept destiné à une clientèle jeune et urbaine n’aura pas les mêmes besoins qu’une boutique haut de gamme, un commerce spécialisé ou un magasin dont les clients se déplacent principalement en voiture.
Le concept détermine en grande partie l’emplacement dont vous avez besoin.
Dans le commerce, une expression reste particulièrement vraie :
« L’emplacement, l’emplacement et encore l’emplacement. »
Une excellente idée, une belle décoration et de très bons produits peuvent rencontrer des difficultés si le magasin manque de visibilité ou si la clientèle cible ne passe jamais devant sa vitrine.
À l’inverse, un local commercial bien situé peut générer naturellement du passage et placer chaque jour votre enseigne devant des centaines, voire des milliers de clients potentiels.
Mais tous les commerces n’ont pas besoin du même emplacement.
Pour une boutique située en centre-ville, il est important d’étudier plusieurs éléments :
Un emplacement très passant coûte généralement plus cher, mais cette différence de loyer peut être compensée par une meilleure visibilité et un chiffre d’affaires supérieur.
Il faut donc toujours analyser le rapport entre le coût du local et son potentiel commercial.
En périphérie, la logique est différente.
Pour certains commerces, le passage piéton devient moins important que l’accessibilité en voiture.
Il faudra notamment étudier les possibilités de stationnement, la visibilité depuis les axes routiers, la facilité d’accès et la présence d’autres enseignes capables de générer du trafic.
Une boutique implantée dans une zone commerciale déjà fréquentée peut ainsi bénéficier naturellement des clients attirés par les autres commerces.
Lorsqu’un entrepreneur recherche un local commercial en Suisse, il est naturel de comparer les loyers.
Mais choisir systématiquement le local le moins cher peut être une erreur.
Imaginons deux boutiques : l’une bénéficie d’un loyer particulièrement attractif mais de très peu de passage ; l’autre coûte davantage mais se trouve sur un axe commercial fréquenté.
La véritable question n’est pas :
« Quel local possède le loyer le moins cher ? »
Mais plutôt :
« Quel emplacement me permettra de développer le meilleur chiffre d’affaires et la meilleure rentabilité ? »
Quelques milliers de francs économisés sur le loyer peuvent rapidement être perdus si le magasin manque de clients.
Le coût d’un bon emplacement doit donc être considéré comme un investissement commercial, et pas uniquement comme une charge.
Avant de louer ou de reprendre une boutique, il faut observer le quartier.
Rendez-vous sur place à différentes heures et différents jours de la semaine.
Observez les personnes qui passent devant le local. Correspondent-elles à votre clientèle cible ? Le quartier fonctionne-t-il principalement en semaine ou le week-end ? Est-il animé le matin, à midi ou en fin de journée ?
Un nombre important de passants n’est intéressant que si ces personnes correspondent aux consommateurs susceptibles d’acheter vos produits.
La qualité du passage est parfois plus importante que sa quantité.
La vitrine constitue souvent le premier contact entre un consommateur et votre boutique.
En quelques secondes, elle doit attirer son attention et lui permettre de comprendre ce que vous proposez.
Avant de choisir un local commercial, analysez donc la largeur et la visibilité de la vitrine, son orientation et les possibilités d’installer une enseigne.
Un excellent emplacement avec une vitrine peu visible peut perdre une partie importante de son potentiel.
Internet a changé les habitudes de consommation, mais il n’a pas supprimé l’intérêt du commerce physique.
Une boutique possède plusieurs avantages difficiles à reproduire en ligne : le contact humain, le conseil, l’essai des produits, l’immédiateté de l’achat et l’expérience.
Les commerces qui réussissent aujourd’hui proposent généralement davantage qu’un simple produit.
Ils construisent un univers et une expérience client.
Cela peut passer par une décoration originale, un accueil particulièrement soigné, des conseils spécialisés, une sélection de produits différente ou des services complémentaires.
Le consommateur doit avoir une raison de se déplacer.
Pour devenir commerçant, il n’est pas obligatoire de commencer à zéro.
La reprise d’un commerce en Suisse peut constituer une alternative intéressante à la création d’une nouvelle boutique.
Reprendre une activité existante peut permettre de bénéficier immédiatement d’un emplacement déjà exploité, d’aménagements, d’une clientèle, d’un chiffre d’affaires et parfois d’une notoriété locale.
L’historique du commerce permet également d’analyser ses performances avant de s’engager.
La création offre davantage de liberté pour développer un nouveau concept, mais demande généralement davantage de temps pour construire la clientèle et atteindre un chiffre d’affaires régulier.
Le budget nécessaire dépend évidemment du secteur, de la ville, de la surface et du concept.
Mais il ne faut jamais prévoir uniquement le prix de reprise ou le premier loyer.
Un projet peut notamment nécessiter :
La réserve financière disponible après l’ouverture est particulièrement importante.
Un commerce peut avoir besoin de temps avant d’atteindre son niveau de chiffre d’affaires souhaité.
Parmi les erreurs que nous rencontrons régulièrement, certaines peuvent être évitées avec une bonne préparation.
Choisir un local uniquement parce que son loyer est faible, surestimer le chiffre d’affaires potentiel, sous-estimer les travaux, manquer de trésorerie ou sélectionner un emplacement qui ne correspond pas à la clientèle cible peuvent fragiliser un projet dès son démarrage.
Il est donc essentiel d’étudier l’ensemble du projet avant de signer.
Depuis plus de 25 ans, REMICOM accompagne des entrepreneurs dans leurs projets de création, reprise et transmission de commerces en Suisse.
Notre expérience nous montre qu’il n’existe pas un emplacement parfait pour toutes les activités.
Il existe surtout un bon emplacement pour un concept, une clientèle et un budget précis.
Notre rôle est d’aider les futurs commerçants à identifier des opportunités correspondant à leur projet et à analyser les principaux éléments avant une reprise.
Car ouvrir une boutique ne consiste pas simplement à trouver quatre murs et une belle vitrine.
Il faut réunir le bon concept, le bon produit, la bonne clientèle, le bon budget et le bon emplacement.
Et lorsque ces éléments sont réunis, le commerce physique conserve de véritables atouts pour réussir durablement en Suisse.